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COUPE DU MONDE U20 POLOGNE 2019 : Le Sénégal en quête du Graal

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Demi-finaliste en 2015, l’équipe nationale U20 du Sénégal disputera en Pologne sa troisième phase finale de Coupe du monde consécutive. Les Lionceaux, qui partagent la poule A avec le pays hôte, Tahiti et la Colombie, tenteront de faire mieux que leurs prédécesseurs. Mais, avant de rêver de sacre, leur premier objectif sera d’accéder en huitième de finale en décrochant l’une des deux premières places de leur groupe.

Par Samba Oumar FALL, envoyé spécial en Pologne

La Coupe du monde U20 s’ouvre demain, en Pologne. Vingt-quatre nations comptant parmi les meilleures au monde vont s’affronter. En l’absence de l’Angleterre, championne en titre, difficile de faire un pronostic sur le futur vainqueur. Chaque équipe aura ses atouts à faire valoir et viendra avec son rêve. On assistera donc à des batailles plus ou moins ouvertes sur les pelouses polonaises lors de cet évènement suprême bisannuel des sélections juniors.

Sénégal, jamais deux sans trois !
Les 16 meilleures équipes, c’est-à-dire les deux premières de chacune des six groupes et les quatre meilleurs troisièmes, gagneront le droit de disputer les huitièmes de finale. Dans le groupe A, le Sénégal, la Pologne, la Colombie et Tahiti ne font pas partie des super favoris, mais auront une carte à jouer et peuvent aller très loin dans cette compétition.
Pour la troisième fois de suite, le Sénégal participera à cette prestigieuse compétition. Une prouesse assez rare pour être soulignée. Demi-finaliste en 2015 et huitième de finaliste en 2017, les ambitions sont grandes. D’autant que le ministre des Sports, Matar Bâ, en remettant le drapeau aux Lionceaux, a fixé la barre très haut en demandant aux Lionceaux de ne pas se fixer de limites et de se hisser en finale. Et même de ramener le trophée.
Mais le chemin à parcourir pour arriver au sacre est particulièrement long. Il faudra d’abord passer l’écueil de Tahiti,  de la Colombie, puis de la Pologne.
Pour cette équipe qui a fait éclore une génération prometteuse composée de joueurs comme Ibrahima Niane, Amadou Dia Ndiaye, Souleymane Aw et autres, ce défi semble à portée de pieds. Sous les ordres de Youssouf Dabo, l’équipe, avec des joueurs habitués à évoluer ensemble et un collectif rôdé, a bouclé l’une de ses campagnes les plus abouties. Même si les Lionceaux ne se sont pas encore remis de leur défaite en finale de la Can (troisième finale consécutive perdue) disputée en février dernier, au Niger. Une véritable malédiction. Il n’empêche, un immense engouement entoure cette équipe qui va tenter en Pologne de tourner cette malheureuse page et d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire.
Le Sénégal sera, sans doute, l’une des équipes à battre lors de cette phase finale, mais les Lionceaux tenteront la passe de trois en passant au deuxième tour pour la troisième fois consécutive. La balle est dans le camp de Youssouph Dabo et de ses poulains qui se mesureront demain au Tahiti.

Colombie, le faux favori

Pour avoir disputé neuf phases finales de Coupe du monde, la Colombie n’est pas une inconnue dans cette compétition. Elle est donc l’équipe la plus expérimentée du groupe A. Absente de l’édition 2017, en Corée du Sud, les Cafeteros juniors, également huitièmes de finaliste lors de leur dernière participation en 2015, se sont qualifiés de justesse lors de l’ultime journée des éliminatoires. L’équipe d’Arturo Reyes a validé son ticket en ne terminant que quatrième, à la différence de buts seulement.
Pour cette édition, les jeunes colombiens tenteront de faire mieux que la place de huitième de finaliste à laquelle ils sont habitués (2005, 2013 et 2015), leur meilleure performance restant une troisième place qui remonte en 2003, aux Emirats arabes unis. Les Colombiens, qui affichent de réelles ambitions pour cette dixième participation, devront cependant montrer un bien meilleur visage que lors des phases éliminatoires.

La Pologne aura son mot à dire

Pays organisateur, la Pologne n’a rien d’un ogre dans la petite catégorie. La preuve, il faut remonter à douze années pour retrouver les traces de sa dernière participation à la Coupe du Monde U20 de la Fifa. De plus, les Polonais ont raté les cinq dernières éditions (2009, 2011, 2013, 2015 et 2017). Mais  cela ne les empêchera pas d’avoir leur mot à dire dans ce tournoi. Surtout que ce dernier coïncide avec les 100 ans de la Fédération polonaise de football.
Le pays organisateur est toujours redoutable devant son public et la Pologne reste un adversaire à craindre. Les protégés de Jacek Magiera sont donc fortement attendus pour faire honneur à toute une nation qui n’a jamais goûté aux délices d’un sacre et qui attend impatiemment cette première sur leurs terres pour inscrire leur nom au palmarès. Tymoteusz Puchacz et ses coéquipiers qui ont envie d’entrer dans l’histoire, ne laisseront assurément pas passer une telle occasion de faire mieux que la génération de 1983 qui avait réussi, au Mexique, l’exploit de décrocher la médaille de bronze. Cette fois-ci, à domicile, les jeunes polonais tenteront le tout pour se parer enfin d’or.

Tahiti, la grande inconnue

Première nation insulaire d’Océanie à se qualifier à une Coupe du monde U20, Tahiti n’est pas un habitué de cette prestigieuse compétition. Son unique participation remonte à 2009, en Egypte. Lors de cette édition, les Aito Taure’a étaient repartis avec trois lourdes défaites contre l’Espagne, le Nigéria et le Venezuela et avaient concédé 21 buts sans trouver une seule fois le chemin des filets. Un fait assez inédit pour ne pas être signalé.
Après une décennie d’absence donc, les Polynésiens signent leur retour et tenteront de faire beaucoup mieux qu’il y a dix ans. Les Tahitiens entrent en compétition demain, jeudi 23 mai, à l’Arena de Lublin contre des Lions du Sénégal aussi affamés et déterminés à faire mieux que leurs deux premières participations. Ils iront ensuite défier le 26 mai, à Lodz, le pays hôte, la Pologne et affronteront le 29 mai, à Lublin, la Colombie, lors de la dernière journée du groupe. Avec un effectif de 14 joueurs locaux et 7 expatriés dans les clubs de football métropolitains, le petit poucet voudra bien grandir et ne sera donc pas à sous-estimer. Les Tahitiens viendront avec l’ambition de représenter honorablement la Polynésie et feront tout pour déjouer les pronostics.

PROGRAMME GROUPE A
1ère journée (Jeudi 23 mai 2019 à Lodz Arena à 18h30) : Pologne-Colombie. Lublin Arena (16h00) : Tahiti-Sénégal. 2e journée (Dimanche 26 mai à Lodz Arena à 18h30) : Pologne-Tahiti. Lublin Arena (16h30) : Sénégal-Colombie. 3e journée (Mercredi 29 mai à Lodz Arena
18h30) : Sénégal-Pologne. Lublin Arena (18h30) : Colombie-Tahiti

COMMENTAIRE

Le rêve polonais

La Coupe du monde U20 démarre demain en Pologne. Au moment de fouler la pelouse de l’Arena Lublin pour affronter Tahiti, l’exhortation de Matar Bâ, ministre des Sports, résonnera certainement très fort dans la tête des Lionceaux qui y défendront les couleurs nationales. L’objectif sera de ramener le trophée à la maison. Le calcul est simple : il faut survivre aux matchs de poule et ensuite gagner les quatre matchs suivants. Cette performance relèverait de l’exploit certes, mais il n’est pas impossible à réaliser. N’est-ce pas que toutes les équipes qualifiées à ce mondial viennent avec l’objectif de la gagner ? En Pologne donc, les 24 équipes réparties en six poules tenteront de succéder à l’Angleterre qui ne défendra pas son titre.
Pour le Sénégal, le rêve polonais démarre ce jeudi contre Tahiti. Les poulains de Youssouph Dabo pourront l’entretenir au fil des matchs. Souleymane Aw et ses coéquipiers savent mieux que personne que rien ne sera facile, car la Coupe du monde, tout le monde le sait, réunit les meilleures équipes de la planète. Et le Sénégal en fait bien partie. Youssouph Dabo pourra s’appuyer sur des joueurs d’expérience et qui ont la maturité nécessaire pour franchir ce cap. Il est clair que la mission ne sera pas du tout aisée, mais son équipe doit donner le maximum, jouer avec tous ses moyens et être prête pour tous les scenarii.
Pour réaliser ce rêve commun à toutes les 23 autres nations, chaque joueur devra s’impliquer totalement et se donner à fond sur le terrain. Ce qui serait une juste récompense pour cette équipe et pour le football sénégalais.
L’histoire a démontré qu’une grande compétition n’est jamais gagnée d’avance, a fortiori une Coupe du monde. Le plus souvent, les favoris qui, sur le papier, ont tout pour soulever le trophée, sont bousculés par des outsiders qui déjouent tous les pronostics. Et le mondial polonais, du reste très ouvert, pourrait ne pas déroger à la règle. Cette année, toutes les équipes se voient à Lodz, le 15 juin, pour connaître leur heure de gloire. Pourquoi pas le Sénégal ?

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