Covid-19 ou le fils qui a enterré le divorce.

 Covid-19 ou le fils qui a enterré le divorce.

A l’origine du divorce, une politique controversée.

Il y a juste trois mois écoulés, au Sénégal, la question sur les contrats pétroliers a été le nœud gordien des discussions dans le landerneau politique, nous projetant dans une situation politique émaillée de haine et teintée de violence entre parti au pouvoir et mouvements citoyens, activistes, lanceurs d’alerte, farouches opposants. L’on se croirait même dans une guerre froide où les principaux concernés se disputent la meilleure arme à travers une diarrhée verbale sans précèdent. Avec des débats sur le gaz, Auchan, pétrole, des débats qui ont toujours hanté le sommeil du sénégalais intéressé par le ventre et la poche.

« Je vais les réduire à leur plus simple expression », « sa vision se limite à Diamniadio » « on n’a pas besoin d’un lion qui dort », voilà les expressions qui meublaient l’agenda politique sénégalais. La première a été le credo du président Macky Sall et les faits suffisent à grande échelle pour corroborer une telle assertion. L’on se souvient encore de sa fameuse phrase « ne réveillez pas un lion qui dort », Cette dernière qui avait fait un tollé sur la toile, a poussé un bon nombre d’opposants à sortir de leurs gonds pour mener leur combat de survie. Toutefois, face à l’irrésistible et redoutable machine de guerre étatique, beaucoup finirent par être catapultés dans un silence assourdissant. C’était le Sénégal des politiques. 

   Coronavirus  à l’origine d’un consensus inattendu.

Se sont-ils inspirés des lutteurs qui, quels que soient les invectives avant le combat, ils fument après le calumet de la paix. Oui peut être ?

Seulement dans ce cas précis, le combat contre le Covid-19 vient de débuter et regroupe déjà tout le monde autour d’une même cause salvatrice. L’orage covid-19 qui a fini par nous embarquer dans une psychose qui frôle aujourd’hui le plafond de la peur et de la confusion, continue de nous enfoncer dans un gouffre aux parois épais. Toutefois, à l’image des consultations pour nomination aux postes ministériels, le palais de la république est devenu ces derniers jours le réceptacle d’hommes culturels, politiques  ou religieux bénéficiant d’une sympathie populaire pour ouvrir le boulevard de la réflexion afin de barrer la route au coronavirus .Pour emboiter le pas à Monsieur Idrissa seck , un opposant naguère allergique à la politique du président Macky Sall : « l’eau destinée à éteindre un feu n’a pas besoin d’être filtrée ». En d’autres termes, celui qui se noie n’hésite pas à s’accrocher sur une machette. Ces adages qui, dans nos langues locales sont riches en enseignements, viennent corroborer la situation actuelle où nous vivons avec la peur au ventre. Une situation qui a mené à une cascade d’audiences au palais.

En effet, certains sénégalais se croiraient finalement dans le monde de la magie ou du tout possible vu le menu hétérogène Ousmane sonko, Khalifa Sall, Idrissa Seck, Mbaye Pekh etc.) qui meuble le calendrier d’audience du locataire du palais. Un agenda qui lui a valu une colonne d’apothéose de la part de certains mais aussi une avalanche de critiques et une pluie de coups de la part d’autres sénégalais qui auraient souhaité un agenda plus évocateur et plus convaincant. Encore une fois nulle n’ignore que l’union fait la force d’où le terme force covid-19.

Par ailleurs, si ces audiences viennent en appoint à la solidarité, le maître mot et arme fatale contre le Covid-19, certains craignent qu’elles finissent en un simple défilé ou en une activité récréative non fortuite. Pour ces derniers, l’union des forces et des faiblesses ne fait pas nécessairement la force mais peut bien créer un déséquilibre. 

      La libération du peuple

Ça été un ouf de soulagement pour le peuple d’assister aux poignets de mains entre le président et l’opposition dite radicale.   L’appréciation positive que beaucoup de sénégalais ont fait des audiences que le président a accordées à presque l’ensemble des forces vives de cette nation prouve encore une fois que l’heure est grave et qu’en démocratie, le dialogue doit être permanent. De plus, les audiences auxquelles nous assistons aujourd’hui devraient être la continuité du dialogue national longtemps déclenché.  Autant les consultations et les audiences sont importantes dans cette période de crise sanitaire, elles l’ont toujours été même en temps normal dans les négociations des contrats de nos ressources minières.

En un mot comme en mille, le combat contre le coronavirus doit être la base à partir de laquelle les débats prennent de la hauteur pour la libération du peuple sénégalais qui s’est longtemps nourri d’illusions. Dans la guerre comme en paix, en démocratie, le dialogue doit être permanent et survivre à l’épreuve du temps. Voilà le Sénégal des sénégalais auquel nous aspirons quotidiennement.

                                                                                                                                    Ousmane Seck, professeur d’Anglais

I.S

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