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ÉRECTION D’UNE NOUVELLE BRIGADE, REBOISEMENT…Ces mesures pour sauver la bande de filaos

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La bande de filaos n’est que l’ombre d’elle. Du Lac Rose à Niague, à Guédiawaye en passant par Tivaouane Peulh, une forêt touffue a laissé la place à des arbres clairsemés. La formation forestière est sacrifiée sous l’autel de la ruée vers les dernières réserves foncières de la région de Dakar.

Derrière la nouvelle cité en construction, plus précisément des villas roses, on tombe sur les morcellements dans des élévations et bas-fonds dunaires près de l’océan, au Lac Rose. D’autres maisons en construction sont éparpillées çà et là jusqu’à la limite de la bande de filaos. Le mur de l’Institut Mosair est dans la superficie non boisée de la bande. La ruée vers les dernières réserves foncières explique cette poussée du front des habitations qui se fait l’autel de la dégradation du couvert végétal. La bande de filaos se dégrade. Les pieds coupés sont à l’ombre des filaos vieillissants. Cette barrière naturelle se rétrécit et ouvre la voie à l’avancée de la mer comme à hauteur de Tivaouane Peulh. «C’est connu, les manifestations du changement climatique touchent tous les pays. Si les filaos qui servent à fixer les dunes sont abattus, il va de soi que l’avancée de la mer s’accélérera», déclare Baïdy Bâ, le directeur des Eaux et Forêts. Il fait partie de la délégation du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall qui a effectué, le 14 août, une tournée sur la bande de filaos ou ce qu’il en reste. Le convoi quitte Tivaouane Peulh et longe la Vdn. Sur cette artère, les membres de la délégation ministérielle ont dénombré d’autres constructions sur la zone classée. Entre la mer et le continent, de belles villas poussent sur les dunes. Mais pour combien de temps ? Si rien n’est fait, elles disparaitront avec l’avancée accélérée de la mer due, en partie, par l’homme.
«Aussi bien dans les départements de Rufisque, Pikine que Guédiawaye, nous avons constaté une agression de la bande de filaos. Des parcelles ont été attribuées dans des zones classées. Si cette bande est détruite, c’est tout un écosystème qui est menacé. Il ne faut pas que les gens soient surpris de voir la mer atteindre des quartiers demain», a prévenu le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall. Dans le département de Guédiawaye, la superficie boisée a reculé, de 247 ha à 111,77 ha. Dans celui de Pikine, de 681 ha, on est à 107 ha. Ce «désastre» écologique doit être stoppé.
Le ministre de l’Environnement et du Développement durable a dégagé des pistes d’actions d’urgence. «Nous allons ériger une brigade pour renforcer la surveillance de la bande de filaos. Nous devons accentuer le reboisement et procéder aux renouvellements des filaos vieillissants. Il faudra faire régénérer cette bande», a annoncé Abdou Karim Sall.

Brigade de surveillance de la bande de filaos
C’est une course contre la montre. Si rien n’est fait, cet écosystème disparaitra. Mais le succès des mesures requiert l’implication des populations. Certains riverains doivent sensibiliser ceux qui extraient le sable marin qui expose une partie des habitants des départements de Rufisque, Guédiawaye, Pikine et Dakar avec l’avancée de la mer. «Il nous faut le soutien des populations dans la lutte contre l’extraction du sable marin», a lancé le ministre Abdou Karim Sall. Cette frange côtière allant de Dakar jusqu’à la région de Saint-Louis, notamment dans le Gandiolais, fait l’objet d’une stricte protection au plan juridique. On y dénombre des périmètres de restauration comme à Cambérène. Mais ils ont presque disparu à part quelques reliques comme celui de Malika, le périmètre de restauration du Lac Retba qui couvre 1500 ha, entre autres. «Il y a des déclassements en bonne et due forme, mais il y a aussi des dossiers litigieux», a révélé le directeur des Eaux et Forêts, Baïdy Bâ.
En général, le déclassement est fait lorsque l’Etat a un projet d’intérêt public. Aujourd’hui, ce sont surtout des projets privés qui risquent de faire disparaître les filaos et les formations dunaires inter-côtières.

Idrissa SANE

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