Être un bon coup, ça s’apprend !

 Être un bon coup, ça s’apprend !

C’est l’un des secrets les mieux gardés des Sénégalaises, l’art de la séduction. Et par là, entendez plutôt l’art de la sexualité. Les jeunes femmes acquièrent le niama niama, un attirail complet pour faire grimper les hommes aux rideaux.

Parler sexualité au Sénégal demande un peu d’habileté langagière. Euphémismes de rigueur pour sujet tabou. Dîtes, par exemple, « faire le mariage » au lieu de « faire l’amour » et « séduction » au lieu de « sexualité ». Pourtant, certaines danses se montrent très explicites. Quant aux Sénégalaises, elles se sont autoproclamées « meilleures épouses du monde » !

Enfants, déjà, les filles sentent la fumée des encens déposés le soir venu par leur mère dans la chambre à coucher. À l’approche du mariage, elles doivent apprendre à leur tour les rudiments de la sexualité pour devenir de « bonnes épouses ».

Les tantes se chargent souvent de leur transmettre les bases. Mais il arrive qu’elles préfèrent déléguer la tâche à des spécialistes. L’une d’elles s’est fait un nom au marché HLM de Dakar. Dans sa boutique, Docteur Badio (« Vagin » en wolof) vend tout l’arsenal d’une sexualité supposément épanouie. À la soixantaine passée, l’experte anime même des enterrements de vie de jeune fille « à la sénégalaise ».

Cette pratique traditionnelle est aujourd’hui reprise par quelques femmes de la jeune génération, version « tradi-moderne » comme le dit Aïda Gueye, coach en séduction. À 29 ans, elle en a fait son métier. Dans sa maison, cette jeune mère a interdit à ses trois enfants d’entrer dans la pièce réservée à sa clientèle.

« Parler de sexe reste tabou dans la société sénégalaise, donc je fais une communication entre pairs. Nous sommes de la même génération, c’est plus facile d’en parler. »


Murtudo Murti

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