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L’affaire a provoqué une onde de solidarité rare dans la société russe. Deux hauts responsables de la police seront limogés.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 17h28, mis à jour à 17h58

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Un partisan d’Ivan Golunov, un journaliste qui a travaillé pour le site indépendant Meduza, tient une affiche intitulée « Nous demandons la libération d’Ivan Golunov », à Saint-Pétersbourg, Russie, le samedi 8 juin 2019.
Un partisan d’Ivan Golunov, un journaliste qui a travaillé pour le site indépendant Meduza, tient une affiche intitulée « Nous demandons la libération d’Ivan Golunov », à Saint-Pétersbourg, Russie, le samedi 8 juin 2019. Dmitri Lovetsky / AP

Les poursuites contre le journaliste d’investigation Ivan Golounov, accusé de trafic de drogue, ont été levées mardi 11 juin. « Golounov sera libéré aujourd’hui de son assignation à résidence et les accusations sont abandonnées », a déclaré le ministre de l’intérieur, Vladimir Kolokoltsev, cité dans un communiqué.

Depuis l’interpellation, vendredi 7 juin, de ce journaliste d’investigation du site indépendant Meduza, placé en résidence surveillée, la mobilisation n’avait cessé de croître. Les soutiens d’Ivan Golounov ont dénoncé une affaire montée de toutes pièces en rétorsion à ses enquêtes, qui concernaient notamment la corruption à la mairie de Moscou.

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Deux hauts responsables limogés

Les analyses réalisées sur demande de la justice n’avaient révélé aucune trace de drogue dans son sang et aucun des sachets saisis ne portait ses empreintes, selon les avocats du journaliste.

La justice russe devra désormais évaluer « la légalité des actions des policiers qui ont interpellé » le journaliste à Moscou et qui affirmaient avoir trouvé d’importantes quantités de drogue dans son sac à dos puis au cours d’une perquisition dans son appartement. Selon M. Kolokoltsev, les policiers ayant procédé à l’arrestation ont été suspendus de leurs fonctions le temps de l’enquête.

Deux hauts responsables de la police seront, en outre, limogés. Il s’agit du général de la police Andreï Poutchkov, responsable des forces de l’ordre dans le district ouest de la capitale russe, et du général Iouri Deviatkine, qui dirige l’antenne moscovite du Département de la lutte contre le trafic de drogue, selon la même source.

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Onde de solidarité

L’affaire a provoqué une onde de solidarité rare dans la société russe, les appuis s’accumulant, des journaux indépendants jusqu’aux médias d’Etat et même à certains hauts responsables politiques.

Une marche en soutien à Ivan Golounov était prévue pour mercredi dans le centre de Moscou, tandis qu’une pétition exigeant sa libération a permis de collecter près de 180 000 signatures. Peu après l’annonce de l’abandon des poursuites, l’opposant russe Alexeï Navalny a salué un « exemple de ce que la solidarité peut accomplir ». « C’est une nouvelle magnifique. C’est un exemple inspirant et motivant de ce qu’une simple solidarité peut accomplir pour les gens qui sont persécutés », a déclaré sur Twitter M. Navalny.

De son côté, Reporters sans frontières a salué une « mobilisation historique de la société civile ». « Désormais, ceux qui ont essayé de monter ce coup contre lui doivent être jugés. Nous restons mobilisés pour les autres journalistes détenus en Russie », a ajouté RSF sur Twitter.

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