INCINERATION PROGRAMMEE DE 500 TONNES DE PRODUITS DANGEREUX : Une catastrophe écologique désamorcée à l’usine Senchim

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Les responsables de l’usine Senchim, située à Thiaroye Sur Mer, ont conditionné 500 tonnes de produits toxiques dangereux qui seront incinérés sous hautes températures dans les cimenteries.

Le temps est suspendu à l’usine Senchim, située dans le quartier de Thiaroye Sur Mer, près de la route nationale. Le portail de l’entrée des bâtiments abritant des ateliers est rouillé. La façade est couverte de poussière. Sous le hangar, le pont-bascule est désaffecté. Le bain Marie ne reçoit plus des solutions chaudes de produits. La grande cour est couverte de sable. Les sacs de produits hautement toxiques et des fûts rouillés contaminés sont entreposés dans un magasin enfermés dans des caissons. Des ouvriers habillés dans des combinaisons blanches, la bouche et le nez protégés par des masques, sont en pause, derrière les deux engins mécaniques, sur le perron d’un petit bâtiment. La qualité de l’air s’est améliorée entre temps. «Le décor a changé. L’usine a exécuté la quasi-totalité des actions qui ont été retenues. Nous étions ici, le 6 mai. Aujourd’hui, le site a complètement changé de visage», a déclaré le ministre de l’Environnement et du développement durable Abdou Karim Sall, en présence du directeur des Industries chimiques du Sénégal (Ics).
Depuis 2011, l’usine ne tourne plus. Mais des produits toxiques exposés à l’air libre sont le siège des émanations irritant le nez, les poumons, les yeux… Des habitants des environs ont préféré déménager pour se mettre à l’abri des risques. L’atténuation voire l’élimination est dans le pipe-line. Les autorités ont décidé de mettre l’usine aux normes, surtout qu’elle est entourée par des habitations. Le processus d’élimination des produits dangereux est enclenché. «Tous les fûts sont reconditionnés et confinés dans un endroit sécurisé», a assuré le ministre.
La prochaine étape d’élimination est plus complexe. Elle ne se fera pas in situ. Les conditions techniques ne sont pas réunies. L’intervention des cimenteries de la place a été sollicitée. Les prélèvements sont faits pour tester la faisabilité de l’incinération de 500 tonnes de produits dangereux sous haute température. «Nous allons dérouler un troisième plan d’actions. Il s’agira d’incinérer ces produits à haute température avec la collaboration des cimenteries de la place. Nous avons saisi Sococim, Dangote et la cimenterie du Sahel. Nous avons demandé à ce qu’une action concertée puisse être déroulée dans le but de trouver définitivement une solution à ce problème», informe le ministre de l’Environnement et du Développement durable.
L’usine a été au cœur des protestations des riverains qui étaient exposés à des pollutions et à des maladies respiratoires. Aujourd’hui, sa fermeture est analysée comme un acte de prévention d’une contamination des populations à Thiaroye Sur Mer qui ont déjà payé un lourd tribut de l’intoxication au plomb. Cette intoxication avait entraîné la mort de 23 enfants âgés de 1 à 6 ans dans le quartier de Ngagne Diaw.
I. SANE

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