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Le général André Lanata, commandant pour la transformation de l’Alliance, insiste sur la « force intégratrice » que constitue l’organisation.

Propos recueillis par Nathalie Guibert Publié aujourd’hui à 16h44

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Lors d’un exercice de la force « fer de lance » de l’OTAN, le 20 mai à Munster.
Lors d’un exercice de la force « fer de lance » de l’OTAN, le 20 mai à Munster. FABIAN BIMMER / REUTERS

Les chefs d’états-majors des vingt-neuf pays de l’OTAN ont actualisé, fin mai, leur stratégie militaire face aux menaces sécuritaires, dans un document à vocation secrète. Le général André Lanata, 57 ans, « commandant suprême allié Transformation » (SACT) de l’OTAN, basé à Norfolk, aux Etats-Unis, répond aux questions du Monde sur sa vision de l’Alliance, un an après sa prise de fonctions le 7 juin 2018. Cet ex-chef d’état-major de l’armée de l’air française est le responsable de l’adaptation des forces à moyen terme, tandis que le commandant suprême des forces alliées en Europe (Saceur) dirige les opérations militaires en cours depuis le quartier général de Mons, en Belgique.

L’OTAN travaille à une nouvelle stratégie, mais elle est soumise à forte pression de la part du président américain Trump. Comment voyez-vous son avenir ?

Quand on parle des grandes organisations de sécurité aujourd’hui, c’est toujours pour soulever des problématiques. Faute de se rappeler les effets positifs que ces organisations continuent de produire, qu’il s’agisse de l’OTAN, de l’UE ou de l’ONU, le risque est que les citoyens se disent un jour qu’il ne reste plus qu’à s’en débarrasser, et le chaos sera garanti.

Nous avons besoin de faire face, ensemble, à des enjeux de sécurité qui dépassent les nations isolées. Même les plus grandes ont besoin d’alliés pour y répondre. Les commémorations du 75e anniversaire du Débarquement ont rappelé que lorsque surgissent des difficultés majeures en Europe, cela affecte la prospérité des Etats-Unis. Aujourd’hui, quand on parle de cyberdéfense, de terrorisme, de climat, comment imaginer pouvoir faire face seul ? Comment penser que ce n’est pas au service de tous que se réunissent des forums où existe une règle de consensus indispensable ? Malgré les débats, légitimes, qui touchent l’OTAN, je voudrais passer un message positif sur l’Alliance. Elle apporte de la stabilité. Quand on s’oblige à réfléchir à vingt-neuf sur des sujets communs de sécurité, cela produit de la stabilité.

Votre commandement est chargé de penser l’avenir de l’OTAN et ses équipements futurs. Comment ce travail militaire est-il influencé par les tensions politiques entre alliés ?

La coopération militaire est imperméable aux aléas politiques. Notre enjeu, c’est la défense du milliard de citoyens des pays de l’Alliance. Je ne porte pas de jugement sur la conduite des opérations et leurs effets militaires à long terme, ce n’est pas mon rôle. De mon point de vue, l’Alliance est une force intégratrice. Elle constitue une référence sur le plan technique, mais aussi pour l’entraînement, les concepts et les doctrines, le commandement et contrôle, la logistique commune… L’interopérabilité entre nos armées avance et sa dimension est vaste. Aujourd’hui, nous concevons dès l’origine nos systèmes d’armements pour qu’ils soient interopérables.