La République des fripouilles: par Adama Gaye

 La République des fripouilles: par Adama Gaye

Doux pays. Terre du plus grand contraste, sur fond d’un gros scandale. Du jamais vu! Bienvenue dans la République toccardisée du Sénégal.
C’est ici dans ce pays où un professeur agrégé de médecine, Daouda Ndiaye, se fait lyncher par une meute d’ignorants de mon genre pour avoir pris position dans un débat scientifique sur la pandémie de l’heure et renvoyé sans ménagements à ses études tandis qu’au cœur de la République, couvé par le ministre de la Santé himself, et le regard paternel du President de la République, un faussaire, “Docteur” Amadou Samba, est hissé au crucial statut de responsable des tests sur les porteurs du virus du Corona qui affole le monde, jusqu’à menacer son existence.
On en a assez dit sur ce charlatan dont les “exploits” feraient démissionner tout gouvernement qui se respecte un tant soit peu et faire trembler n’importe quel pays digne de ce nom, sauf le Sénégal devenu résilient face aux pires scandales, à force d’en générer à une vitesse et à une quantité qui dépassent l’entendement.

Rien à signaler
Hausser des épaules et se dire bof, circulez y a rien à signaler, sur cette affaire qui secoue, fragilise, la nation en pleine crise du coronavirus serait cependant le pire acte d’irresponsabilité. Le meilleur encouragement à l’auto-genocide national en cours ayant fini de faire des Sénégalais, dans leur majorité, des zombies affamés et déboussolés, désespérés, qui vivent dans la peur d’un avenir compromis au milieu d’un présent pris en otage, sombre.
On avait connu l’hyperfacturation des autoroutes publiques à des fins de détournements sous la conduite d’un escroc assermenté, Ibrahima Ndiaye trônant à la société nationale Ageroute. Un faux avocat à Londres, Malick SALL, devenir sur cette base ministre de la justice. Une Présidente d’une institution nationale, Mimi Toure, qui ne se gene pas d’être exposée sur un faux PHDown qu’elle prétendait avoir. Un médiocre Mame Mbaye NIANG prendre 29 milliards au Prodac puis, avec l’ex-directeur de la Sapco, faire main basse sur une réserve foncière de 16 milliards. Qui a oublié Mamour Diallo et son coup à 94 milliards? On avait aussi enregistré le cas du député Bougazelli fabriquant tranquille de faux de billets de banques à l’échelle industrielle. Le pétrole et le gaz du pays dévalisés sous la direction du gang des Salltons, menés par Macky SALL et son frère, Aliou. La digitalization de la television faire l’objet d’un braquage en règle par Babacar Toure et Amadou Top. Le building administratif être rénové à 60 minables milliards. L’hôtel méridien filé au larbin Racine Sy puis en passe d’être renfloué via les faux malades du Corona que l’Etat y envoie. Même le directeur d’école, Babacar Diop, arrêté pour pédophilie, est aussi accusé de délivrer de faux diplômes aux élites du pouvoir actuel pour valider leurs prétentions officielles.

On pourrait allonger infiniment la liste des crimes tout autant que celle des silences, presque d’une coupable compréhension, du peuple sénégalais.

Incident
Ceux qui se disent qu’il n’adviendra rien du dernier “incident” n’ont donc pas forcément tort. Comment ne peuvent-ils pas être complètement désarmés en se souvenant de tout ce qui s’est passé et continue de se passer dans ce pays sans la moindre réaction encore moins quelque refus de la culture de la criminalité devenue l’écosystème national ?
On rappellera qu’en 2012, dès son arrivée au pouvoir, l’actuel illégitime président, SALL, faussaire lui-même de ses diplômes, avait eu l’outrecuidance de déclarer un patrimoine personnel de 8 milliards alors que dix ans plus tôt il ne pouvait se payer un loyer de 100000 francs cfa.
Dans tous les domaines, c’est le culte du pillage. Même les inutiles jeux olympiques de la jeunesse, forcés sur le pays par le rouleur de mécaniques, Diagna Ndiaye, poignardeur de ses bienfaiteurs, qu’il faudra dénoncer partout, y compris à Stanchart et au CIO, font l’objet de deals corruptogenes.
La criminalité se déploie en vérité dans tout le Sénégal jusqu’à se traduire par la disparition de tonnes de drogues, bien sûr revendues, au point de transformer ce pays, hier salubre, en narco-Etat.
C’est donc cette nation criminelle qui à permis le triomphe du faux médecin, Samba, dont les exploits animent les chaumières et suscitent des vocations. On nous dit, comme pour attester de son honorabilité, qu’il est un proche parent d’un ministre d’état, Ismaila Madior Fall, pour ne pas le nommer, qu’il est membre des “cadres” du parti au pouvoir, qu’il est le bras droit du ministre de la santé, le comique Diouf Sarr, Monsieur statistiques, et qu’il est, d’abord, celui qui a été autorisé à faire de faux tests sur les personnes afin de fixer la réalité de la pandémie.
Le scandale est grave. Si grave qu’il laisse tétanisés médecins, pharmaciens, et autres ordres scientifiques qui en ont tardé à exprimer une opinion tandis que le peuple semble se résoudre à en attendre un sketch télévisé pour en rire demain.
Ce pays est doux. Tout y passe. Comme lettre à la poste. Je l’ai vécu quand ministre de la justice, celui de l’intérieur et leur chef, Macky Sall, ont comploté, en violant la souveraineté de mes données, pour justifier mon arrestation illégale, le 29 juillet.
Ce matin, face au coronavirus dont les effets vont commencer à être dévastateurs, le Sénégal est placé sur une poudrière à côté d’un dépôt de munitions qui vient d’exploser.
Je l’ai écrit dans mon livre :Otage d’un état. La vraie malédiction du millénaire, c’est pour les sénégalais d’avoir élu un voleur et criminel, Macky SALL: il a fait des petits, encouragé la culture du crime et le pays est au bord du gouffre…
Le peuple est en route vers sa destruction, et, comme disent les anglais, avec Docteur Samba, il est devenu un laughing-stock: un amas de rires !
Il est vrai que le pouvoir criminel de Macky SALL a de qui tenir. En particulier d’un Abdoulaye Wade, son prédécesseur et mentor, dont le mot qui lui est prêté à l’avènement du libéralisme sauvage qui saccage le Sénégal depuis l’an 2000, résonne encore dans toutes les oreilles: c’est au moment du partage du butin que les bandits se tiraillent.
Son remplaçant a raffiné la méthode: la criminalité silencieuse, comme chez les grands trafiquants de drogue, de la trempe de Pablo Escobar, est devenue la règle.
Docteur Samba, le faussaire, peut dormir tranquille. Le comble. Les fripouilles sont au pouvoir. Corona est une autre opportunité de s’en mettre les poches. Quitte à accélérer le génocide d’un peuple résigné !

Adama Gaye, Le Caire, 29 mars 2020

I.S

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1 Commentaire

  • Il a parfaitement raison le doyen. Nous avons un Etat voyou! C’est déplorable.

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