Le coronavirus va-t-il ralentir ou doper la 5G ?

 Le coronavirus va-t-il ralentir ou doper la 5G ?

La pandémie bouleverse surtout le calendrier. 2020 devait être l’année de la 5G avec la tenue des enchères déterminant les entreprises qualifiées pour construire ce réseau prometteur. Mais le confinement a contraint la France, l’Autriche, l’Espagne, le Portugal et maintenant la Pologne à reporter ces enchères à une date pour le moment inconnue. C’est le plus gros frein au déploiement de la 5G. La paralysie du commerce mondial est l’autre puissant facteur de ralentissement. Parce que l’industrie des télécoms repose sur des chaînes d’approvisionnement aujourd’hui perturbées. Et parce que, pour les mêmes raisons, les appareils permettant de profiter de la 5G comme le smartphone 5G ne seront pas mis sur le marché aussi vite que prévu.

Les théories complotistes établissant un lien entre le coronavirus et la 5G vont-elles remettre en cause son déploiement ?

Les autorités de régulation comme les sociétés de télécommunications dépensent beaucoup de temps et d’énergie à démentir ses théories fantaisistes et elles déplorent les dégâts économiques et sociaux causés par ces infox. Des antennes ont été saccagées en Angleterre, en Irlande, au Pays-Bas. Mettant parfois en péril le réseau existant car il est difficile de distinguer une antenne 4G d’une 5G. Vodafone a signalé que l’incendie contre une antenne de Birmingham a privé un hôpital d’accès à internet, pénalisant ainsi les patients et leurs familles qui ne sont plus reliés que par internet.

C’est vrai que le coronavirus exacerbe le rejet des progrès techniques et cette peur durera au moins aussi longtemps que les remèdes au virus ne seront pas découverts, mais la lutte contre la maladie est aussi en train de mettre en lumière les nouveaux besoins que pourrait combler la 5G. Sa promesse, transmettre les données cent fois plus vite que la 4G, est indispensable pour le télétravail pratiqué à grande échelle depuis le début du confinement. Ou bien pour les vidéos en haute définition nécessaires pour la télémédecine par exemple qui s’est beaucoup développée en Chine. À Wuhan un réseau 5G a été construit en quelques jours pour permettre à un hôpital de recourir à des robots, libérant ainsi du personnel pour d’autres tâches.

Si l’Europe a stoppé net le déploiement de la 5G, en revanche les principaux opérateurs téléphoniques américains vont maintenir les dépenses prévues cette année pour accélérer la couverture en 5G. C’est pareil en Chine. Le gouvernement a fait de son déploiement l’un des piliers de la relance de l’économie.

Le Chinois Huawei va-t-il rester un partenaire incontournable de la 5G?

Le délai engendré par la pandémie donne un temps précieux aux concurrents pour rattraper leur retard sur l’équipementier chinois qui fait toujours la course largement en tête. Les Américains notamment travaillent d’arrache-pied à la mise au point d’une norme sûre, ils pourraient éclipser le leader chinois et dans la foulée les rivaux européens Ericsson et Nokia. Ce qui peut surtout changer la donne pour Huawei c’est le regain de défiance des gouvernements européens à l’égard de Pékin. Les Britanniques par exemple envisagent de revoir l’accès au marché de la 5G qu’ils avaient accordé à Huawei en janvier. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo est convaincu que les gouvernements vont repenser l’architecture de leur futur réseau à la lumière de la pandémie. Loin de calmer les tensions entre la Chine et les États-Unis le coronavirus ravive la guerre commerciale technologique entre la Chine et les États-Unis.

I.S

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