Le Sénégal entre couvre-feu, cours de force et cours de feu? Par Ousmane Seck.

 Le Sénégal entre couvre-feu, cours de force et cours de feu? Par Ousmane Seck.

Aux peuples particuliers des mesures particulières, tel semble être la leçon de morale dont le sénégalais têtu s’est régalé sur l’autel du couvre-feu déclaré par l’Etat du Sénégal, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

De prime abord, il convient de montrer que la lutte contre le covid-19 a ravi la vedette à toutes les luttes qui se sont succédées à l’instar du terrorisme, l’immigration etc. Il s’agit d’un ennemi invisible et « démocrate » car ne faisant pas de distinction sur son passage. Il emporte des personnes, ravage des familles et paralyse l’économie.

En effet, le coronavirus a fini par catapulter le monde au cœur de l’horreur et de la paranoïa. Une situation frileuse sans précédent s’est installée dans les quatre coins du globe, exigeant une prise de conscience individuelle mais aussi une course frénétique au vaccin. Si d’aucuns sont optimistes sur l’efficacité de la chloroquine, d’autres sont sceptiques. Deux positions antagonistes s’affichent et divisent la communauté scientifique.

Cependant, un laser sur la situation à Wuhan, l’épicentre de la maladie, montre que le seul remède contre le Covid-19 pour le moment reste la discipline, poussant plusieurs pays à prendre une batterie de mesures draconiennes dont le confinement ou encore le couvre-feu. Au Sénégal, tout ce qui se conçoit bien ne s’annonce pas clairement et les choses on les exécute autrement. Donc, il est obligatoire de déclencher d’abord un processus de déconfinement réligieux des mentalités et des comportements afin que puisse prospérer le confinement ou le couvre-feu contre le Covid-19.

Si le couvre-feu a réussi dans certains pays, au sénégal, ça été un baptême de feu. Son application a été un véritable parcours de combattant pour les forces de l’ordre, du simple fait que le sénégal est un peuple particulier sur lequel il faut exercer des mesures particulières. Par ailleurs, dans un pays où les gens campent au carrefour de l’indiscipline, la violence ne peut-elle pas être de droit pour leur imposer une discipline sociale et républicaine ? C’est ce que j’appelle la violence légitime. Comment une violence peut-elle être légitime ?

Dans un contexte de propagation du virus, regrouper les récalcitrants dans une voiture de police ne favoriserait -il pas le rassemblement déjà interdit ? Envoyer les gens en prison pour avoir enfreint les normes édictées ne serait-il pas aussi synonyme de rassemblement dans des prisons qui débordent déjà de monde ? De telles interrogations ne peuvent en aucun cas justifier la violence exercée sur les citoyens ne serait-ce que pour la dignité humaine mais une façon de lancer un appel à tout un chacun face à la gravité de la situation dans laquelle nous nous mouvons actuellement. Devrait-on appliquer les mêmes méthodes de persuasion pour des peuples qui sont différents dans leurs comportements ?

Le dialogue serait-il un outil dissuasif face à un type de sénégalais borné jusqu’à la moelle épinière et qui défile sur le podium de l’inconscience et de l’indiscipline totale? Pour terminer, il est intéressant de montrer aussi que le sénégalais est parfois l’incarnation parfaite de la chanson de Youssou Ndour « seed bi ak tangor bi buthi niew ngané momeu geuneul ». Certains même auraient demandé l’usage de la force si certains s’étaient entêtés à rouiller aux pieds des tours pendant le couvre-feu.

S’agit-il d’un couvre-feu, d’un cours de force ou d’un véritable cours de feu? L’enseignement a été de taille mais je préfère donner ma langue aux chats et j’éspère bien qu’ils ne la mangeront pas.

                                                                            Ousmane Seck professeur d’Anglais au Cem poste keur Ayib

                                                                                                        Ousmaneseck416@gmail.com

I.S

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