• Économie
  • Argentine

Le président argentin a été battu par les péronistes lors des élections primaires. Leur possible retour au pouvoir inquiète les marchés et a fait chuter le cours du peso.

Par Christine Legrand Publié aujourd’hui à 09h13

Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

Un concessionnaire automobile en attente de clients devant sa boutique, à Buenos Aires, le 13 août.
Un concessionnaire automobile en attente de clients devant sa boutique, à Buenos Aires, le 13 août. Natacha Pisarenko / AP

Un véritable tsunami a déferlé sur l’Argentine, sur la scène politique mais également sur les marchés, au lendemain des élections primaires ouvertes, simultanées et obligatoires (PASO), organisées dimanche 11 août. La coalition péroniste, conduite par Alberto Fernandez et l’ancienne présidente Cristina Fernandez de Kirchner (2007-2015), l’a largement emporté avec 47 % des suffrages, contre 32 % pour la coalition de centre-droite du président Mauricio Macri, qui brigue sa réélection.

Après cette lourde défaite de M. Macri, les dés semblent jetés. Les PASO sont considérées comme une répétition générale des prochaines élections présidentielle et législatives du 27 octobre. Si le résultat du 11 août se reproduisait en octobre, Alberto Fernandez serait proclamé vainqueur dès le premier tour. Selon la loi électorale argentine, pour être élu, il faut obtenir au moins 45 % des suffrages, ou bien 40 % et une avance de dix points sur le candidat arrivé deuxième.

Face à ce résultat, qu’aucune enquête d’opinion n’avait prévu, un vent de panique s’est emparé des marchés : lundi 12 août, le peso a perdu près de 19 % et les valeurs boursières de la troisième économie d’Amérique latine ont dégringolé de 60 % avant que la Bourse ne se reprenne. Mardi 13 août, le « risque pays », qui mesure la difficulté d’un Etat à honorer ses dettes, a atteint 1 600 points. Dans les commerces, les Argentins scrutent désormais les étiquettes avec angoisse, craignant une nouvelle et probable flambée des prix. L’inflation est déjà de 55 % cette année et devrait atteindre 250 % sur toute la période de gouvernement du président Macri. Faute de pouvoir garantir leurs prix, les concessionnaires automobiles ont suspendu leurs ventes pour une durée indéterminée.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’Argentine cherche à juguler une inflation galopante

Douloureuses mesures d’austérité

Pour le président Macri, ce tremblement de terre s’explique par la peur d’un retour du péronisme, et en particulier de Cristina Kirchner, qui pourrait ouvrir la voie à un populisme de gauche et à une politique économique interventionniste. Pendant sa présidence, Mme Kirchner avait imposé de stricts contrôles des changes qui avaient freiné les investissements, tout en partant en guerre contre le monde agricole, principale richesse du pays, à propos des taxes à l’exportation. L’ex-présidente est par ailleurs mise en examen dans onze affaires de corruption.