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MARCHE SANDIKA : Des recettes vitaminées

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Orange, banane, pastèque, pain de singe, tamarin etc., que des délices ! Ces produits se vendent comme de petits pains au marché « Sandika » de Pikine. « Le carrefour des fruits » remplit bien des poches ; donne de l’eau à la bouche aux friands.

Derrière l’apparence malpropre du marché « Sandika », le business des fruits bat son plein. La chaire des mangues pourries qui baignent dans des eaux noirâtres dégoulinant des égouts ouverts çà et là, fait le bonheur des bataillons de grosses mouches. L’odeur répugnante de ce cocktail ne décourage pas, pour autant, les clients. Ils se faufilent le long des petites allées tortueuses du marché, sac ou bassine en main ou sur la tête. La table de fortune de Cheikh Guèye attire hommes, femmes et enfants. En quinze minutes, il a écoulé tous ses tas de mangues. « Je viens de me faire un bénéfice de 10.000 FCfa alors que j’étais venu pour la forme », se réjouit-il, de sa voix vibrante.

La mairie se frotte les mains…
Moins célèbre que les marchés Colobane, Sandaga etc., Sandika est un point économique florissant. « Ici, nous pourvoyons des fruits ; ce n’est pas comme la vente des vêtements. C’est beaucoup plus rapide. Ce marché approvisionne tout le pays. Les produits viennent de toute la sous-région », défend avec assurance le natif de la commune. Son activité le fait « bien vivre ». Ce quadragénaire « fier », à la corpulence imposante, travaille sur les lieux depuis 20 ans.
Le « carrefour » Sandika étouffe sous la forte affluence des vendeurs, coursiers, coxeurs, venus de toutes les régions du pays et des contrées voisines pour gagner leur vie. L’espace se fait désirer. Chacun essaie de trouver un petit coin pour écouler ses produits. Conséquence : les artères passantes font désormais partie de ce croisement d’échanges. Chaque tenancier paye un impôt journalier à la mairie, explique Tabara Diédhiou, vendeuse de pomme de liane (famille du fruit de la passion). « Les femmes versent 100 FCfa, les hommes 150 FCfa ». Quelques camions venus de la Casamance, du Burkina Faso, de la Côte d’ivoire, du Mali n’échappent pas à la règlementation, selon le secrétaire général du comité de gestion du marché. « Les transporteurs payent 3500 FCfa pour le parcage. Le propriétaire de la cargaison lui, s’acquitte de 150 FCfa pour chaque sac déchargé», renseigne-t-il.
Le débarquement de ces fourgons permet aussi, aux coursiers de gagner des sous. Un travail difficile qui entraine souvent des maux de côtes à Modou Ngom ; sa besogne lui permet d’empocher 2500 à 3000 FCfa quotidiennement. Les yeux déshydratés, les muscles raides, exhibant des veines nerveuses, l’homme se présente tous les jours de la semaine dans cette effervescence.

…Les riverains ruminent leur colère
Exaspérés par les bruits matinaux et les mouvements illimités à longueur de journée, les riverains se plaignent constamment de cette situation. « Nous avons tout fait pour les déguerpir sans succès, déclare un habitant ; nous vivons difficilement avec tout le tohu-bohu». Ce « calvaire » s’accentue en hivernage. Malgré la création d’un bassin de rétention à quelques pas du marché, les eaux de pluies stagnent toujours. Les nombreux déchets plastiques meublant le sol, bouchent les égouts. Ils empêchent ainsi les étangs puants d’assécher. L’endroit devient « infréquentable » ; l’insalubrité à son comble. « Nous souffrons énormément durant cette période de l’année, avoue Saliou Dièye. Les clients se font rares. L’endroit devient chaotique».
Autre problème, le vol. La sécurité est « insuffisante » sur les lieux. Seules, certaines personnes payent des gardiens pour assurer la ronde. Des cas de larcins sont souvent recensés. Des actes, pour la plupart, commis par des gens fréquentant le marché, selon un doyen. « Les gens extérieurs au marché n’osent pas venir ici pour marauder. C’est plutôt ceux qui maîtrisent bien les lieux qui le font », dit-il.
L’argent circule bien à Sandika. Dans les mouvements effrénés, les pourparlers chaleureux entre clients et vendeurs ; des gamins formant de petits groupes, se meuvent entre tout ce beau monde : ils explorent parmi les paniers gisant sur le terrain, des délices pour leur grand plaisir.
Soulé DIA (stagiaire)

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