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NINEFECHA : La nostalgie d’un passé-présent

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Le village de Ninéfécha, chef-lieu de commune du même nom, a connu son heure de gloire au début des années 2000 lorsque la Première dame de l’époque, Viviane Wade, a décidé d’y construire un hôpital de niveau 1. Mais à la suite de la fermeture de cette structure sanitaire une dizaine d’années plus tard, cet ancien hameau de six maisons est retombé dans le quotidien des jours sans relief.

Par Elhadji Ibrahima THIAM et Oumar FEDIOR (textes), Ndeye Seyni SAMB (photos)

NINEFECHA : La nostalgie d’un passé-présent 1Ombre. Lumière. Ombre. Cela paraît réducteur, mais tel peut être résumé, en trois mots, le destin peu commun de Ninéfécha. Imaginez un peu un hameau de six maisons niché dans une vallée en contrebas des massifs montagneux situés entre Kédougou et Salémata et qui, au début des années 2000, voit brusquement sa population se multiplier par centaines, les concessions fleurir comme des champignons, les infrastructures sociales de base (école, collège, maison communautaire, case des tout-petits, poste de gendarmerie, piste d’accès, etc.) se développer. Cela, par la seule volonté d’une personne, Madame Viviane Wade, qui y construisit un hôpital de niveau 1. Vous vous demandez à quoi ressemble un hôpital de niveau 1 ? Pensez à l’hôpital Principal de Dakar, la référence absolue en matière d’établissement public de santé. La comparaison ne s’arrête pas là puisque, comme Principal, Ninéfécha était géré par l’Armée, autrement dit, le personnel soignant était constitué de médecins militaires. Très vite donc, dans cette lointaine contrée du Sénégal orientale qui manque de tout, l’hôpital de Ninéfécha devint la place sanitaire que rallient, chaque jour, des centaines de patients qui venaient de partout, mêmes des pays limitrophes comme le Mali et la Guinée. Ninéfécha est sous les feux de la rampe. Et puis, brusquement, un jour de 2012, les lumières s’éteignirent sur Ninéfécha. Le Sénégal venait de connaître sa deuxième alternance. Ce changement politique pesa sur le village plus que sur tout autre localité. En effet, avec le départ du pouvoir du président Abdoulaye Wade, la Première dame décide de se désengager. « Elle nous a fait savoir qu’elle n’avait plus le budget nécessaire au fonctionnement de l’hôpital, donc elle cédait l’hôpital à l’Etat », explique le maire de Ninéfécha, Dondo Keita. Le village, qui était, entre temps, devenu communauté rurale (avant de passer commune à la faveur de l’Acte 3 de la décentralisation qui interviendra quelques années plus tard), entame alors sa plongée dans la mélancolie. Comme un retour dans le passé, dans l’ombre. « La présence de l’hôpital avait complètement changé le visage de la zone et de Ninéfécha.
Faut-il le rappeler, Ninéfécha, au départ, était un hameau où ne vivait qu’une famille, les Camara, dans six maisons. Quand l’hôpital a été construit, il y a eu un boom démographique extraordinaire. Le hameau est passé d’une famille d’une vingtaine de personnes à plus de 500 habitants. A la fermeture de l’hôpital, on a noté un reflux de la population. Certains sont repartis. Aujourd’hui, le village fait à peine 400 habitants », confie le maire de la commune qui polarise aujourd’hui 24 villages et 10 hameaux pour une population totale de 9.000 âmes.

Un hôpital devenu… poste de santé

Fermé en 2012, l’hôpital rouvrira ses portes en 2013 avec le statut de… poste de santé. Depuis, à Ninéfécha, le temps semble s’être figé. Ce jeudi début septembre, les pluies diluviennes observent enfin une pause. La fraîcheur surprend. Depuis Kédougou, chef-lieu de la région du même nom, une route en chantier, bitumée jusqu’après Bandafassi puis latéritique jusqu’à Salémata, serpente entre le rouge de la terre et le vert des arbres touffus et des clairières que dominent les massifs montagneux tout aussi enveloppés de verdure. A ce paysage à couper le souffle, de petits ruisseaux glissants en contrebas ou même en plein milieu de la route apportent une dose de charme à ce décor. Des ouvrages de franchissement permettent de les éviter sans encombre. Il n’est pas rare d’admirer le spectacle d’enfants se baignant dans ces cours d’eau ou de femmes faisant la lessive. Avec ce panorama édénique, on ne sent même pas les kilomètres défiler. La distance (45 km) entre Kédougou et Ninéfécha est vite avalée. Il a fallu de peu pour qu’on ne remarque pas le panneau planté en bordure de la route indiquant la direction de Ninéfécha.
On quitte alors la route principale pour prendre de la hauteur. Le véhicule emprunte une piste escarpée puis, quatre kilomètres plus loin, s’engage sur un terrain en pente descendante. Ninéfécha se dévoile sous toutes ses coutures. A droite, le collège et ses longs murs, à gauche la Maison communautaire qui semble à l’abandon. Le poste de gendarmerie est dans le même prolongement. Il fait face à la case des tout-petits à peine visible à cause des hautes herbes et des grands arbres. Sur le même alignement que le poste de gendarmerie, mais un peu en retrait, l’école publique, construite en pierres rouges et entourée d’arbres, se signale par son architecture coquette. Le célèbre hôpital se trouve à deux pas de l’établissement scolaire.

Paysage époustouflant, infrastructure en souffrance

NINEFECHA : La nostalgie d’un passé-présent 2De loin, impossible d’en saisir toutes les lignes architecturales caché qu’il est par une abondante végétation. Il faut s’en approcher pour remarquer son mur de clôture en fer forgé, ses bâtiments aux couleurs de la terre et puis ce silence pesant qui enveloppe les lieux. Ce qui contraste d’avec la petite frénésie qui nous avait accueillis à l’entrée du village où des jeunes, journée de corvée oblige (séance de travaux champêtres qui mobilise, à tour de rôle, les jeunes du village en faveur d’une famille), laissaient échapper des cris de guerre pour se motiver.
Les signes de l’état de déliquescence de l’hôpital se remarquent avant même d’y pénétrer. Premier indice, le bus de marque Tata garé devant la porte. Ce véhicule qui allait chercher les patients dans les lointains villages et hameaux est dans un état lamentable. On se demande comment cette guimbarde (transformée par la mairie en moyen de transport en commun depuis la fermeture de l’hôpital) peut encore assurer la navette entre Ninéfécha et Kédougou. Deuxième indice, le panneau en verre craquelé sur le fronton surmontant le portail sur lequel était inscrit le nom de l’hôpital.
Cette infrastructure sanitaire inaugurée en grande pompe en 2002 par Mme Viviane Wade et l’ancien ministre de l’Intérieur français Charles Pasqua, comme un symbole, est à l’image de ce panneau endommagé : elle a perdu de son lustre d’antan. Un sentiment qui se confirme dès que l’on franchit la porte d’entrée. La salle d’accueil en forme de case trônant dans la cour est désespérément vide. « Il y avait un grand poste téléviseur ici. Avec l’abonnement Canal+, les week-ends, les jeunes du village s’y rassemblaient pour regarder des matchs des championnats européens », se souvient, un brin nostalgique, Kizito.
Sur le parking, six véhicules (deux 4×4, une camionnette, un pick-up, un minibus et une ambulance) sont immobilisés. « On ne peut pas les utiliser car les papiers de ces véhicules sont encore au nom de la Fondation Education/Santé qui est dissoute depuis », avance le maire Dondo Keita. Une situation qui contrarie d’autant plus l’élu local que la commune de Ninéfécha fait face à un sérieux problème de transport.
Dans cette vaste enceinte qui sonne vide, les seuls signes de vie viennent du bâtiment principal. A l’intérieur, Alexis Sadiakou, dépositaire (comprenez responsable de la vente des médicaments) et adjoint de l’infirmier chef de poste, assure, en l’absence de ce dernier, les consultations. Ce jeune homme trapu est l’un de ceux qui connaissent le mieux l’histoire de cette structure sanitaire où il était agent de bloc, c’est-à-dire instrumentiste chargé d’assister les chirurgiens lors des opérations. A la réouverture de l’hôpital en poste de santé, ce natif de la commune de Ninéfécha est rappelé pour épauler l’Icp. Quand il voit l’état de décrépitude dans lequel est plongé « ce bijou », il a un pincement au cœur.
En effet, à part le bureau de l’Icp, la salle de soin, la pharmacie, toutes les autres pièces (laboratoire, bloc opératoire, salle de radiologie, pédiatrie) sont à l’abandon. Elles sont devenues des remises où des équipements de pointe sont en souffrance, sens dessus-dessous (table d’opération, appareil d’anesthésie, lampe de chauffage, lampe signalétique, appareil respiratoire, congélateurs, réfrigérateurs) sur un sol parfois imbibé d’eau où se dégage une forte humidité. « Quand il pleut, le plafond suinte ; j’ai peur que cela ne s’affaisse un jour », confie Babacar Diop, l’Icp, qu’on retrouvera quelques heures plus tard à Kédougou. Il ajoute : « Tous ces équipements sont en état de marche. Mais faute d’électricité, on ne peut pas utiliser certains matériels comme les réfrigérateurs ». Actuellement, la seule source d’énergie de la structure sanitaire, c’est le solaire. Pourtant, à l’époque, l’hôpital était alimenté par deux groupes électrogènes de grande puissance. Ces deux engins, abrités sous un bâtiment, ne sont plus en état de fonctionner, de même que la pompe à essence plantée à côté. « A partir de 16 heures, on n’a plus de courant », confie le Dr Babacar Diop.
A l’arrière-cour, à l’écart du bâtiment principal, des cases occupent un espace arboré. Ce sont les salles d’hospitalisation. On en compte onze. Chacune compte trois lits, « des lits haut de gamme, également abandonnés », précise Alexis. Tout en fond de cour, deux cases se détachent par leur architecture. L’intérieur est vaste avec une salle de bain et un split de climatisation dans chaque bâtisse. « C’était la résidence privée de Mme Wade. Quand elle venait à Ninéfécha, elle logeait ici », informe de notre guide du jour.
Même si le spleen a fini de s’installer dans les cœurs, les habitants de Ninéfécha ne désespèrent pas qu’un jour ou l’autre, l’hôpital sera ressuscité. « Nous y croyons fermement. Les bâtiments sont là, une partie du matériel aussi, la demande en services de santé est croissante, il n’y aucune raison que l’hôpital ne soit pas rouvert », estime Henry Camara, animateur à la radio communautaire.

BABACAR DIOP, ICP : «C’est du gâchis»

NINEFECHA : La nostalgie d’un passé-présent 3Du « gâchis » ! L’Infirmier-chef de poste de Ninéfécha ne trouve pas un autre mot pour qualifier la situation que vit l’ancien hôpital. Affecté à ce poste depuis un an, il assiste, comme ses deux prédécesseurs, au brusque sevrage des populations qui ne bénéficient plus des soins gratuits et des services de pointe d’un hôpital. Désormais, non seulement elles doivent se contenter du minimum en matière d’offres de service, mais encore elles doivent mettre la main à la poche. « Elles étaient habituées à la gratuité des soins. Il nous a fallu beaucoup de sensibilisation pour qu’elles acceptent de payer pour se faire soigner. La décision de fermer l’hôpital a tout chamboulé. On peut tout fermer, sauf un hôpital. Certes, c’était un hôpital privé, mais que de nom. Au lieu de construire un hôpital régional, on aurait dû rouvrir Ninéfécha. C’est du gâchis », pense l’Icp.
En cette période où le taux de paludisme grimpe, il peut consulter jusqu’à 30 patients par jour. Il se rappelle que lorsque la structure a été fermée en 2012, les populations de Ninéfécha ont eu toutes les difficultés du monde pour se soigner. Elles étaient obligées d’aller jusqu’à Bandafassi, à 35 km, pour bénéficier de soins. Il a fallu que les populations se fassent entendre pour que les autorités consentent à en faire au moins un poste de santé. Et dire que cet hôpital, selon le Dr Diop, dispose, par exemple, d’une maternité bien équipée, même plus moderne que celle du centre de santé de Kédougou. « Faute de source d’électricité en continu, elle n’est pas utilisée », dit-il.

WILLIAM MANEL, GOUVERNEUR DE KEDOUGOU : «La fermeture de Ninéfécha est une décision médicale»

Pour le gouverneur de la région de Kédougou, contrairement à certaines rumeurs, la fermeture de l’hôpital de Ninéfécha n’a rien de politique. Il s’en explique : « L’hôpital de Ninéfécha, au début, c’était une volonté personnelle d’une autorité d’en faire un grand centre. Mais vous-mêmes qui êtes allés là-bas, vous vous êtes rendu compte que c’est un petit village, mais aussi ce n’est pas très loin de Kédougou. C’était donc difficile de faire fonctionner deux hôpitaux. Ainsi, les autorités médicales ont pensé qu’il était préférable d’en faire un poste de santé amélioré comme c’est le cas actuellement et de renforcer le matériel et la qualité des prestations du centre de santé de Kédougou en attendant que l’hôpital régional en cours de construction soit fonctionnel ». Et s’il y a encore des équipements en souffrance à l’hôpital de Ninéfécha, une bonne partie a été déjà pourtant amenée au centre de santé de Kédougou, selon le chef de l’exécutif régional. « C’est un processus. A chaque fois qu’on a besoin d’un matériel, s’il se trouve à Ninéfécha, on l’amène à Kédougou », précise-t-il.

Les raisons du choix de Ninéfécha pour accueillir l’hôpital

Qu’importe l’origine du nom et sa signification, il reste que « Ninéfécha » a une consonance poétique, lyrique. Certains pensent que c’est la raison pour laquelle Mme Viviane Wade a choisi d’y construire cet hôpital. Cette explication est battue en brèche par le maire Dondo Keita. Selon lui, c’est le Père Xavier, un prêtre français affecté à Kédougou et qui s’occupait de la zone de Bandé englobant Bandafassi et Iwol, qui a convaincu l’ancienne Première dame. « Semble-t-il, le Père Xavier et Madame Wade étaient des camarades de promotion. Lors de l’ordination de l’abbé Marcel Keita, un jeune issu de Bandafassi, en 2001, il l’avait invitée à assister à la cérémonie et en a profité pour lui faire part des problèmes de prise en charge médicale des Bediks dont la plupart habitaient dans les montagnes. Quand quelqu’un tombait malade, il fallait trouver un hamac et les gens le portaient pour le faire descendre. Dès fois, ils pouvaient faire deux jours de marche parce qu’il fallait quitter depuis Ethiess, venir jusqu’à Bandafassi et lorsqu’ils ne trouvaient pas l’infirmier, ils étaient obligés d’aller jusqu’à Kédougou», explique le maire. Quelques semaines plus tard, à bord d’un hélicoptère, Mme Wade et le Père Xavier ont sillonné la zone pour identifier le bon emplacement. « Ils cherchaient une zone accessible où les gens pouvaient se rendre sans trop de difficultés. Certes, ce sont ceux qui vivaient en montagne qui souffraient le plus du manque d’infrastructures sanitaires, mais l’hôpital ne pouvait pas y être construit. Il fallait trouver une zone de carrefour, à cheval entre les montagnards et les autres villages. Ninéfécha répondait à ces critères. Il a un emplacement stratégique, car situé au juste milieu, entre Kédougou (45 km), Salémata (40 km) et Mako (40 km) », affirme-t-il.

DONDO KEITA, MAIRE DE NINEFECHA : «La fermeture de l’hôpital a été un coup dur»

NINEFECHA : La nostalgie d’un passé-présent 4Président de la communauté rurale (Pcr) de Ninéfécha puis maire à la faveur de la réforme de l’Acte 3 de la décentralisation qui actait la communalisation intégrale, Dondo Keita goûte peu au sort qui est réservé à l’hôpital et, par ricochet, à sa commune. « C’est un coup dur à supporter. Nous en ressentons encore les contrecoups. Du jour au lendemain, Ninéfécha est retourné à son passé. Les problèmes d’évacuation sanitaire redevinrent un vrai chemin de croix. Des gens quittaient même Saraya, Kédougou pour venir ici. Et subitement, c’est l’inverse, ce sont les gens de Ninéfécha qui se retrouvèrent dans l’obligation d’aller chercher de meilleurs soins ailleurs. Ma propre moto était devenue comme une ambulance », confie-t-il. Le maire a dû jouer des pieds et des mains pour que l’hôpital soit transformé, au moins, en centre de santé secondaire. Mais il n’obtiendra qu’un poste de santé. Selon lui, la fermeture de l’hôpital a eu comme autre conséquence le retour au premier plan des féticheurs et des tradipraticiens. « Les gens commençaient à abandonner certaines pratiques traditionnelles. Aujourd’hui, certains sont retournés aux bonnes vieilles pratiques faute de pouvoir se faire soigner correctement à l’hôpital », dit Dondo Keita.

«Idjin Epecha» ou la «Clairière blanche» 

Comme c’est le cas de beaucoup de localités au Sénégal, le nom « Ninéfécha » vient d’une déformation de la langue Bédik, l’une des principales ethnies de la zone, selon le maire Dondo Keita. A l’origine, dit-il, c’est « Idjin Epecha » qui veut dire la « clairière blanche » comme celle que l’on voit à l’entrée du village. « A une certaine période de l’année, une fine couche blanche recouvre les plantes. Mais les étrangers qui ne comprenaient pas cette langue ont mal prononcé correctement le nom. Ils ont donc dit et écrit « Ninéfécha » », explique-t-il. Mais une autre version indique que « Ninéfécha » vient de « Ninir gna pécha » qui, toujours en langue Bedik, signifie « cours d’eau clair ». Le village a été fondé par les Camara. Ils quittaient Ethiess pour venir cultiver dans la vallée de Ninéfécha. Finalement, ils ont décidé de s’y installer définitivement. Le village se caractérise par son cosmopolitisme. Y cohabitent en harmonie Bediks, Peuls (majoritaires), Mandingues et Sarakholés… Autre particularité, l’actuel maire n’est pas originaire de Ninéfécha. Il est natif de Tomboronkoto, la commune voisine du Parc située sur la Rn7 à une trentaine de km de Kédougou. Il est venu à Ninéfécha en 2003 en tant qu’enseignant. Un fait rare pour être souligné dans le monde rural. Enclavement, eau potable, électricité, emploi, autonomisation des femmes, la commune de Ninéfécha fait face à trop de défis que le budget de 100 millions de FCfa n’arrive pas à satisfaire. Les gens vivent d’agriculture, d’élevage, du maraîchage et de la cueillette. La commune dispose d’importants gisements de marbre, de basalte et même le phosphate, mais ils ne sont pas exploités.

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