Politiques et médias / Ces journalistes dans la gestion des affaires de l’État : De l’activité informative à l’intervention dans la « chose publique »

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Politiques et médias / Ces journalistes dans la gestion des affaires de l’État : De l’activité informative à l’intervention dans la « chose publique »

Au Sénégal, nous avons assisté depuis quelques années un afflux d’hommes des médias qui ont déserté plateaux et micros pour embrasser la politique. Leurs raisons avancées ? Certains ont voulu donner des éclairages à l’image d’Angélique Manga, qui était très connue devant le petit écran et qui s’est engagée aux côtés du président Macky Sall. Astou Winnie Bèye, une ancienne journaliste de la Rts qui avait fini aussi par rejoindre l’Alliance des forces de progrès (AFP), Yakham Mbaye, Abdou Latif Coulibaly entre autres…

 

 

 

Abdou Latif Coulibaly, l’expérience vérifiée

 

 C’est un nom qu’on ne présente plus dans le paysage médiatique sénégalais. Ancien journaliste du groupe Sud communication, il a contribué, à travers ses articles et enquêtes, à rendre crédible la presse privée dite indépendante. Abdou Latif Coulibaly a été journaliste, pendant une vingtaine d’années, au groupe de presse privé Sud communication. Il y assumait de hautes fonctions administratives et éditoriales. Éditorialiste réputé, journaliste d’investigation reconnu, ses enquêtes, ses reportages et autres articles font autorité dans le paysage médiatique sénégalais.

Ayant été ministre de l’intégration africaine avant d’être celui chargé de la culture, le journaliste Latif Coulibaly s’était naturellement engagé en politique aux côtés  de Macky Sall. Actuellement l’homme de Sokone est nommé porte-parole de la présidence de république. Cette marque de confiance, est sans doute le « fruit » de sa constance et de ce qu’il ait cru au projet de gouvernance relatif à la vision du chef de l’Etat.

 

 

Astou Winny Bèye : l’avenir politique prometteur

 

Pour cette dame bien connue par ses confrères et consœurs, les raisons, estime-t-elle qui les ont poussé à intégrer l’espace politique sont multiples. D’ailleurs, elle les a déclinées à travers une interpellation de Dakaractu. « J’ai grandi dans un environnement « politique » si je puis m’exprimer ainsi, puisque mes parents sont passionnés de politique (d’où mon prénom Winnie) et mon père milite depuis sa jeunesse. Actuellement il est membre du bureau politique et du secrétariat exécutif national du Parti Socialiste et il est secrétaire national chargé des études et de la prospective ».

 

Évoquant l’autre raison qui l’a poussée à s’engager,  la surnommée Winnie poursuit : c’est que lorsque j’étais dans la presse écrite, j’étais au desk politique et naturellement je couvrais régulièrement les activités politiques nationales et je prenais de plus en plus goût à la chose ». Ensuite, en prenant de l’âge, je me rends compte de mon patriotisme qui grandit tous les jours. J’aime le Sénégal énormément et je veux participer à son développement.

Toutefois, des difficultés sont notées car, comme elle le conçoit, « dans un pays comme le Sénégal, quand on est une femme jeune, avec du potentiel, on est un peu mise à l’écart. C’est une triste réalité qui existe encore en 2019, dans un pays qui tend vers l’émergence et qui s’est fait un nom et une réputation sur l’international. Tous les postes de décision sont occupés par les hommes. Et pourtant ils ne sont pas plus compétents ni plus intelligents que les femmes. D’une manière générale, les femmes africaines souffrent de marginalisation dans nos sociétés. Mais nous espérons que les choses changeront positivement un jour.

 

Abdou Mbow ou l’engagement aux allures de sacerdoce

 

Concevant son engagement politique ou même syndical bien avant d’être journaliste, l’honorable député Abdou Mbow est aujourd’hui l’une des figures ayant exercé le métier de journaliste. En passant par son engagement syndical manifesté en tant qu’élève puis à l’université en tant que délégué dans les amicales des étudiants, Abdou Mbow estime que : «  son engagement date d’avant son statut de journaliste ». Il faut dans ce sillage rappeler  qu’il a eu à exercer dans des médias comme la RMD, mais aussi au PPJ en tant de chargé de communicationavant d’entrer dans l’espace politique. « Faudrait mentalement être prêt pour affronter les contraintes qui sont dans ce milieu. Aussi être prêt à assumer les responsabilités qui vous sont assignées »,  conçoit-il

Etant, dès le bas âge guidé et motivé par le gout de la responsabilité, l’honorable député après avoir travaillé en 2000 avec Mbaye Jacques Diop au Ppc, est par la suite appelé en 2008 auprès de Macky Sall comme chargé de mission à l’assemblée nationale. Il devient après le coordonnateur du mouvement des jeunes républicains. Aujourd’hui, plus que jamais ancré dans les idéaux de Macky Sall et de l’APR, il est présentement responsable apériste à Thiès et vice-président de l’assemblée nationale, lieu dans lequel il s’est bien imposé et défendant ses idées avec la plus grande responsabilité. Toutefois, estime-t-il « ses responsabilités peuvent ne plus lui permettre de faire du journalisme même si, ceci reste son metier car, chacun doit avoir un métier. Ceci dit, la politique est plutôt un engagement citoyen, patriotique »

 

 

Angélique Manga, la politique qui défend ses principes 

 

En effet, l’ancienne présentatrice du journal de 20h sur la Rts qui s’estime être  « une journaliste dans l’âme, mais ceci ne pourrait l’empêcher de s’engager en politique après mûre réflexion. Et je pense que je pourrais apporter sa contribution pour faire avancer les choses. »

Elle a eu à se positionner au niveau du cercle  de confiance du chef de l’État, ce qui a valu sa nomination au niveau de l’Anrac pour prendre en charge les difficultés économiques et sociales de la Casamance. Sa nomination au poste de ministre de la microfinance et de l’économie sociale et solidaire va davantage la fixer dans le camp présidentiel. Avec l’avènement du nouveau gouvernement issu des élections de février dernier, elle sera remplacée par Zhara Iyane Thiam Diop mais elle bénéficie toujours de la confiance du chef de l’Etat, dont elle est  ministre-conseiller.

 

 

Au  vu de tous ces aspects évoqués, il faut souligner que ces figures plus reconnues dans les médias ont eu une certaine motivation venant soit de certains acteurs politiques, soit d’une influence positive de la leur part. C’est par exemple le cas toujours appuyé de Astou Winnie Bèye qui paragraphe ainsi : « ma profession de journaliste a toujours été ma priorité. Lorsque je commençais mon militantisme au Parti socialiste en 2006, je n’étais pas encore journaliste. J’étais étudiante à l’Ucad. C’est en 2008 ou 2009, que j’ai quitté la politique car je venais de commencer ma carrière en journalisme et comme les deux ne sont pas compatibles, j’avais décidé de pratiquer mon métier dans le plus grand professionnalisme sans être influencée et je l’ai réussi. Quelques temps après, j’ai rencontré Moustapha Niasse et Abdoulaye Bathily, qui m’ont davantage donné envie de faire la politique et grâce à nos discussions, leurs conseils et toutes les activités qu’ils organisaient pour l’AFP et la LD, je m’étais promise que je replongerai un jour et je l’ai fait. Après 10 ans de patience et de réflexion, j’ai choisi l’AFP. Aujourd’hui, je ne pratique plus le journalisme, je n’ai donc plus rien qui m’empêche de militer et de vivre la politique librement ».

 

 

 

Une autre figure très connue : Yakham Mbaye.

 

Ce journaliste chevronné qui a fait ses preuves surtout en étant à la tête du Journal Populaire, et du Quotidien national Le Soleil, Yakham Mbaye pour ne pas le nommer, a toujours montré une certaine persévérance, de la compétence et de l’engagement surtout dans le milieu de la presse. L’ancien directeur du Populaire et de Libération a marqué son empreinte dans le domaine du journalisme.

Après des études en France et précisément à Reims, l’ancien élève du Lycée Lamine Guèye est rentré au Sénégal en 1995 pour embrasser la sphère médiatique dans laquelle il gagnera une place indiscutable. Séduit par le parcours du candidat Sall, il s’engagera à ses côtés.

 

Abou Abel Thiam, le brillant journaliste devenu politique

 

Devenu politique par le biais de la communication, Abou Abel Thiam a basculé dans la politique grâce à son esprit combattant de l’injustice. « Après une quinzaine d’années d’exercice de journalisme commencé en 1988, qui l’a mené d’ailleurs du journal sopi à jeune Afrique et à la voix de l’Amérique en passant par Walfadjri, le Témoin et Kocth, l’ancien conseiller spécial et porte-parole de la présidence de la république, quitte les rédactions pour devenir un conseiller en médias et communication à partir de 2006 » nous explique-t-il. À cela s’ajoutent les grandes institutions qu’il a eu à faire telles   le conseil économique, la primature, l’assemblée nationale, et la présidence de la république.

Abou Abel Thiam décide d’accompagner ainsi le président de la république Macky Sall dans son combat comme il le soutient  dans ces lignes : «  J’étais décidé à l’aider à combattre l’injustice avec lui et cela quel que soit le prix à payer ». Cela montre dans une certaine mesure l’engagement que l’ancien de Jeune Afrique montrait.

Ayant estimé avoir « vérifié le caractère sombre de l’humain dans l’activité politique, ce monde cruel » Abou Abel Thiam se dit « n’être toujours pas arrivé à banaliser la capacité de beaucoup d’acteurs à feindre, déclamer des choses auxquelles ils ne croient pas ».

Toutefois, il estime dès lors qu’on sort des rédactions, on est plus dans la diffusion de l’information, et par conséquent l’on est plus journaliste.

 

 

Souleymane Jules Diop, le journaliste toujours alerte 

 

Cet ancien journaliste au quotidien Walfadjri et ancien conseiller en communication de Idrissa Seck, a été le dernier franc-tireur solitaire contre le régime de Wade. Pendant plus de cinq ans, Souleymane Jules Diop a été le journaliste africain exilé le plus célèbre. Il a ainsi marqué les sénégalais à travers ses alertes, ses interpellations.

Ancien Ministre délégué auprès du Premier Ministre, chargé du suivi du Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC), Souleymane Jules Diop est aujourd’hui l’un des journalistes qui ont marqué leur temps politique surtout dans l’entre Abdoulaye Wade et Macky Sall. Ayant été très critique du mode de gouvernance du prédécesseur de Macky Sall, il est aujourd’hui nommé délégué permanent de la République du Sénégal à l’UNESCO.

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