Kebetu

RÉSEAUX SOCIAUX ET HOMMES POLITIQUES : Un outil de séduction des masses

Views: 25
reseaux-sociaux et-hommes-politiques-:-un-outil-de-seduction-des-masses

Les réseaux sociaux favorisent les échanges entre gouvernants et gouvernés. Ils créent un lien de proximité entre les leaders politiques et leurs partisans. Facebook, Instagram, Twitter… se prêtent facilement au jeu du marketing politique. Les hommes politiques l’ont vite compris.

«De retour du pèlerinage aux lieux saint de l’Islam, je profite des vacances gouvernementales pour séjourner dans le Saloum où j’ai visité la somptueuse réserve naturelle animalière de Fathala», a publié un homme politique, bâton à la main, agenouillé derrière un lion. Un post qui a été suivi et commenté par des centaines d’internautes. Un jour après, un autre homme politique fait une publication : « Allez demander aux paysans inquiets de la tournure de l’hivernage 2019 ».
Les hommes politiques investissent de plus en plus les réseaux sociaux pour échanger avec les citoyens ou donner leurs avis sur des questions diverses et variées. Gagner en  visibilité ou tout simplement faire la promotion de leur parti politique. Ils sont actifs sur Facebook, WhatsApp, Twitter, etc. Ils sont conscients que ces plateformes sont très utilisées par les jeunes et même les vieux. Mamadou Ndiaye, directeur des études au Centre d’étude des sciences et techniques de l’information (Cesti), par ailleurs  chargé de cours multimédia, pense que c’est le contexte qui l’exige. « Le Sénégal compte 9 millions d’abonnés à Internet mobile, 3 millions d’utilisateurs actifs sur Facebook, et des centaines de milliers sur Twitter et Instagram.  Les hommes politiques qui utilisent les réseaux sociaux sont donc assurés de bénéficier d’une bonne audience », confie-t-il.
En cet après-midi du samedi 7 septembre, un groupe de jeunes habitant Sacré Cœur 3, assis autour du thé, devise paisiblement. Parmi eux, des étudiants expatriés qui passent les vacances en famille. Les discussions tournent essentiellement sur la marche du pays. «C’est la tendance. Les hommes politiques sénégalais sont un peu en retard dans ce domaine par rapport à l’Europe», soutient Bassirou, taille moyenne. «En France, ils sont prompts à utiliser tout nouveau moyen de communication pour propager leur influence», poursuit-il.

Interpeller directement les politiques
Trouvés dans un atelier métallique à Guédiawaye, apprentis et maîtres sont tous concentrés sur leur travail. Abdou, un sexagénaire, s’intéresse beaucoup à la politique. Il suit de près les activités de son leader politique. «Au début, j’étais un peu réticent. Je n’y croyais pas trop. Pour moi, les réseaux sociaux c’est juste des lieux de mensonges », avance-t-il. Depuis qu’il a suivi son leader en direct, le vieux y a pris goût. «Je suis même dans un groupe WhatsApp où l’on m’envoie dans les minutes qui suivent, ses sorties et déclarations », poursuit-il. À l’en croire, c’est grâce à Facebook qu’il a reçu la visite de son leader politique. «C’est une bonne option qu’il faut encourager dans la communication politique parce qu’il permet la mise en place d’une démocratie directe. Les citoyens ont désormais la possibilité de s’adresser ou d’interpeller directement les acteurs politiques», affirme Mamadou Ndiaye du Cesti.
Si certains hommes politiques gèrent personnellement leurs publications sur les réseaux sociaux, d’autres, par manque de temps, ont confié cette tâche à des équipes ou des personnes appelées «Community manager ». Celles-ci sont tout le temps connectées et dynamiques, pour mener la bataille médiatique. Abdou Faye est professeur d’anglais dans une école privée. Les yeux rivés sur son téléphone, il défile. Parfois, il fait une courte pause pour lire les commentaires, ou bien pour répondre. Il fait partie du «Community management» d’un homme politique. Il est chargé de gérer le volet de la publication et de l’animation des communautés en ligne. «Cela fait 5 ans que je travaille avec lui. Nous sommes au nombre de 10 sur toute l’étendue du pays», confie-t-il. M. Faye précise que son leader politique n’a pas le temps pour gérer efficacement ce genre de communication. Il occupe une poste de responsabilité. «Nous attendons qu’il nous envoie des photos accompagnées de messages. Le reste, on s’en occupe», dit-il.
Contrairement à Abdou, cette vieille dame à la retraite, entourée de ses petits-fils, se contente des informations diffusées à la radio ou dans les journaux. « Je ne m’y connais pas trop aux technologies de l’information et de la communication. D’ailleurs, je n’accorde aucune importance aux réseaux sociaux», souligne-t-elle.
A ses yeux, les réseaux sociaux sont des lieux dédiés par excellence aux invectives. Pour le directeur des études du Cesti,  comme tout support de communication, l’utilisateur doit se soucier de son image et de celle de son parti. «C’est la raison pour laquelle, il doit éviter les invectives ou de répondre à des insultes publiquement. Les réseaux sociaux doivent aider à travailler une bonne image et à donner des informations claires et documentées», dit-il.
Fodé Bakary Camara (Stagiaire)

Comments: 0

Your email address will not be published. Required fields are marked with *