SERIGNE MBACKE SOKHNA LO 1er juin 2020. Il y’a 15 ans, disparaissait le sage de Taïf

 SERIGNE MBACKE SOKHNA LO 1er juin 2020. Il y’a 15 ans, disparaissait le sage de Taïf

Serigne Mbacke Sokhna LO est né à Touba en 1934. Il était le fils aîné de Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma, qui fut le premier petit-fils de Serigne Touba.
Petit-fils de Lat Dior Diop de par sa grand-mère et des érudits de Ndame par sa mère Sokhna Lô Diop.
Son père l’enverra très trop à Taïf, qui deviendra sa capitale. C’était pour y étudier la « Parole de Dieu » et par la suite la Théologie auprès de Serigne Mafal Fall.
En 1952, il s’envolera en Algérie pour approfondir ses connaissances du Coran et de la Sunna. Deux ans après, il séjournera en Mauritanie, où fut exilé son grand-père Khadimou Rassoul.
Serigne Mbacké comptait beaucoup de disciples dans ce pays, en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique. 
Ils feront légion quand il devint Khalife de son père. Si du vivant de celui-ci, il passait le plus clair de son temps loin de Touba, quand Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma lui céda le trône en mars 1978, il fit de Taïf sa capitale. Homonyme du frère « jumeau » de son père, Serigne Mbacké Madina, qui était un incontestable et incontesté Soufi, il s’évertuera d’abord a fondé une mosquée dont le coût de réalisation était de 3 milliards de nos francs. Ce qui n’inquiétait pas Serigne Mbacké : son père fut le premier parmi les chefs religieux subsahariens à signer une motion de soutien au peuple palestinien en 1960. Ce qui lui valu la profonde estime de chefs d’Etats. Une relation que Serigne Mbacké s’emploiera à cultiver. Ensuite, il s’activait dans le négoce international. Ce qui lui permit de faire mieux que son père à Taïf : celui-ci a été le premier à y ériger un bâtiment en dur en 1954. Héritier de ce goût de construction, Serigne Mbacké dota le village, d’un peu plus de 3000 âmes réparties dans près de 300 concessions, en 1998, d’un Château lui ayant coûté au bas mot 1,5 milliard. L’ancien président Wade, qui y a passé la nuit en 2004, ne put taire son étonnement devant l’infrastructure qui attestait d’un goût du luxe. A la tête de 300 Cheikhs, Serigne Mbacké était le dignitaire mouride le plus couru de son temps. Il put le devenir en partie grâce à l’encadrement de Serigne Ahma Mbacké Tindody, qui était le frère de son père et son oncle aussi du côté maternel. Sollicité, il l’était aussi par des grands de ce monde. Parmi eux, Théodoro Obiang Nguéma qui lui envoya un avion spécial pour une visite à Malabo, capitale de sa Guinée Equatoriale riche de son pétrole. Le marabout de Taïf été un visionnaire politique et économique avait de par ses qualités d’homme de science tissé des relations cordiales avec des « grands » de ce monde. Il a su entretenir fructifier et élargir les relations que Gaïndé Fatma avait tissées partout dans le monde. Ce qui a fait que Serigne Mbacké Sokhna Lo comptait des amis partout y compris des chefs d’Etats, des Responsables politiques, des hommes d’Affaires mais aussi des milliers de disciples et sympathisants a travers le monde. Ce sera l’occasion de rappeler les qualités de l’homme de culture qui avait mis son intelligence et sa fortune au service de sa patrie et de l’Islam. En effet Cheikh Mouhamed Mbacké qui, durant toute sa vie a gardé ce que l’homme a de plus noble, sa dignité.
« Un Visionnaire, un Patriote, un Guide Religieux hors pair » Serigne Mbacké Sokhna Lo était un chef religieux qui a assumé tout au long de sa vie avec la plénitude de sa dignité et de sa mission sacerdotale, sa fonction de chef spirituel pleinement engagé a la promotion de tous les aspects de la vie au Sénégal. Comptant des « talibés » dans toutes les chapelles politiques, il aimait se placer dans une position de stricte neutralité. « Je ne suis d’aucun parti politique, ni ne soutien aucun candidat. Ma seule préoccupation, c’est que le Sénégal aille de l’avant. Je suis avec quiconque pose des actes pour faire avancer notre pays ». Sa mission fondamentale était d’œuvrer pour un Sénégal prospère et fort dans une Afrique unie respecté a l’intérieur comme à l’extérieur. Sa vaste culture, sa sagesse, sa générosité, son amour du travail étaient tels que nombreux sont ceux qui aimaient sa compagnie. Par ailleurs, c’est là ou Serigne Mbacké a réalisé des merveilles, il a donné un cachet particulier aux activités de la Fédération des Groupements Religieux et Culturels des disciples de Cheikh Ahmadou Bamba, créé par son illustre ascendant Serigne Cheikh Gaïndé Fatma. En effet, ces entités (Sections, Willaya jeunes et femmes) qui s’identifient aux villages et villes de leurs membres, sont des véritables organisations de développement économiques, culturelles, éducatives et sociales, d’où à leurs actifs l’implantation de plusieurs écoles dans toutes les localités du pays et de la sous région, le développement d’activités agricoles, d’élevage etc. au profit de ses membres qui n’ont pas un emploi rénuméré. « Le plus grand éducateur et le plus grand moralisateur » Il saisissait toutes les occasions surtout lors des moments de rassemblement pour recevoir tour a tour les dahiras et organisations, des groupes de disciples venant de partout du pays et même de l’étranger pour raffermir leur foi. 
Le 1er juin 2005, il quittera le bas-monde, après avoir été immortalisé par les plus belles voix du Sénégal et des chantres du Mouridisme. Un jour vécu dans la tristesse, même par la faune et la nature ; au-delà de son Taïf, situé à 27 kilomètres de Touba. Ses milliers de disciples sont déjà dans la ville sainte pour célébrer le Magal de son fondateur que Darou Khoudoss organisera cette année encore jusqu’au mardi 3 novembre. Serigne Mbacké Sokhna Lô est ainsi entré, 
à jamais, dans la postérité. Les belles et bonnes choses ne s’oublient jamais, parce que perpétués même à travers des légendes. Serigne Mbacké a choisi de se reposer à Taïf, qui en illuminera ainsi les hommes de foi.

Murtudo Murti

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