Silence ahurissant de l’opposition sénégalaise : vers le spectre d’un gouvernement d’union nationale?

 Silence ahurissant de l’opposition sénégalaise : vers le spectre d’un gouvernement d’union nationale?

Passionné de gestion solitaire, Macky Sall est réputé pour ses innombrables bavures politiques.
Depuis son accession au pouvoir en 2012, il a ostracisé, menacé, emprisonné, dépouillé un bon nombre d’opposants, fût-il même l’ex chef de l’État.
Dans le courant de son premier mandat, il a marqué les esprits par sa violence et sa philosophie machiavélique. Il utilise alternativement le bâton et la carotte respectivement envers ses opposants et ses alliés.
Le processus électoral des dernières élections présidentielles a été l’un des plus critiqué de notre système démocratique.
Quatre faits ont façonné son premier mandat.
Ces faits se sont toujours soldés par des bras de fer avec une opposition démagogique et très mal organisée, résultat : il gagne toujours ses duels.
Macky Sall a réussi a emprisonné puis ostracisé Karim Wade avec la fameuse CREI qui est une justice inquisitoire. Et, Karim ne fût point candidat pour la présidentielle de 2019.
Il récidive en emprisonnant Khalifa Sall pendant presque trois ans après que ce dernier lui faisait office d’un redoutable challenger pour la présidentielle.
Il procède à la radiation de Ousmane Sonko à la fonction publique ce qui façonne la plus féroce bête politique de notre époque
Il réussit à faire passer tant bien que mal sa loi sur le parrainage. Cette dite loi avait suscité émoi et indignation.
Macky Sall couronne le tout, en biaisant toute la procédure électorale.
Corollaire de tout cela, avec une complicité d’une frange inconsciente de la population, il gagne largement les élections pour briguer un second mandat.
Mais, il souffre énormément de reconnaissance et de légitimité.
Il gouverne seul et s’attire les foudres de l’opposition qui l’ignore.
De là, il procède à une série de médiations, de retrouvailles pour garder une opposition saine à l’image de toute démocratie, non sans compter sur l’aide d’une frange maraboutique de ce pays.
Dès l’entame de son second mandat, le président Macky Sall essaie de changer complètement sa façon de penser pour réduire l’opposition à sa plus simple expression comme il l’avait si bien prédit.
Après plusieurs rencontres et tentatives d’attractions de toute la masse politique, des tentatives souvent vaines, la covid lui a porté secours.
Grâce à cette crise pandémique, Macky Sall a réussi à réunir toute la crème de l’opposition, même la parti de l’opposition la plus radicale.
Comme un halo de brume, il garde l’unanimité pendant quelques temps.
Ousmane Sonko s’est très tôt détaché de la masse en formulant ses critiques.
À l’exception de Ousmane Sonko, la probabilité de voir tous les partis politiques s’unir pour créer un gouvernement d’union nationale n’est pas négligeable.
D’éminentes figures de l’opposition, à l’image de Khalifa Sall, risque de se rapprocher du régime et voir même intégrer le gouvernement.
L’inauguration du joyau Dakaroise de la communauté mouride, à savoir Masalikoul Jinane a été un moment fort en émotions et en retrouvailles.
Cette période a vue naître un rapprochement partielle entre Macky Sall et le Pds à travers le pape du Sopi. Mieux, cette inauguration a débouché sur la libération de Khalifa Sall après une très longue période de vaines médiations.
Il faut aussi noter que durant la pandémie, à l’exception de Sonko, toutes les forces vives du pays avaient accordé au président la loi d’habilitation qu’il sollicitait. Voilà un acte qui va dans le sens de la pacification des relations entre l’opposition et le pouvoir.
À la sortie de cette crise, on va indubitablement, vers une autre crise économique qui nécessite harmonie, symbiose et réflexion commune pour mieux s’en tirer.
Il sera nécessaire de marquer une trêve politique et de se serrer les coudes.
Récemment, le président Macky Sall a envoyé une délégation pour présenter ses condoléances à khalifa Sall. Un geste politique qui a bonifié les relations entre les deux leaders. Donc, de ce point de vue, le moment est propice à ce le Camp de Khalifa Sall puisse se retrouver dans le gouvernement d’union nationale. Ça sera très probablement sans Barthélémy Diaz.
Pour le cas Idrissa Seck, son comportement après la présidentielle ne résiste guère à l’examen des faits politiques. Bien vrai qu’il a contesté la victoire de Macky Sall, il s’est engagé à ne peut aller dans le sens d’un contentieux post-electoral. Il n’avait pas hésité à répondre la convocation du président au palais de la république.
S’agissant du clan Oumar Sarr, le fait est que, depuis très longtemps, il a voulu sortir de l’opposition radicale vis-à-vis du président Macky Sall. Bien avant l’avènement de Massalikoul Jinan.
Au moment où le Pds était dans une opposition frontale avec le gouvernement, Oumar Sarr s’était démarqué et avait pris distance avec son parti de cœur. Ce qui lui attira les foudres du maître du Sopi, à savoir Abdoulaye Wade. Non sans mentionner que c’est Oumar Sarr et Mamadou Diop Decroix qui portent le combat de la suppression de la dette, un des politiques phare du président en cette période de pandémie.
Une éventuelle présence de ces opposants dans un gouvernement d’union nationale ne marque absolument pas la mort de l’opposition. Toute la tournure que ça prendra va dépendre des conditions qui seront posées par l’opposition afin d’intégrer ce gouvernement qu’on peut penser comme transitionnelle. Transitionnelle, puisqu’il est inconcevable de penser à un troisième mandat de Macky Sall avec toutes les grandes figures de l’opposition sénégalaise à ses côtés.
Cette probable intégration, présente des enjeux de tailles pour l’opposition.
L’opposition peut avoir du président, une réforme de la loi sur le parrainage pour que ça soit revue et corrigée. Mieux, elle peut espérer un fichier électoral beaucoup plus fiable, pour qu’on dépasse l’ère des contestations électorales. Cette opportunité peut aussi demander une clarification définitive de sa position par rapport à son troisième mandat anticonstitutionnelle.
Cependant, si l’opposition parvient à très bien négocier toutes ces conditions susmentionnées, c’est tout le monde qui va y gagner.
Si tel n’est pas le cas, on aura remarqué que l’opposition aura signé son certificat de mort.
Divers scénarios sont envisageables.
En tout état de cause, ça sera une question de stratégie.
Qui de l’opposition ou de Macky Sall sera le plus rusé ?
Le temps reste meilleur juge.

I.S

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